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Les énergéticiens à l’aube de se faire Uberiser ?

Ubérisation

Après les taxis concurrencés par les VTC, les librairies par Amazon, les hôtels par Airbnb… Voici PowerShop, le commercialisateur d’électricité 100% Digital.

Ce nouvel acteur, qui redessine les marchés néozélandais et australien, est une entreprise publique (l’état de Nouvelle-Zélande est actionnaire à 51%). Fondée en 2007, PowerShop a très vite été couronnée de succès tant sur le marché B2C que B2B. De 2009 à 2014, la satisfaction de leurs clients B2C a toujours été supérieure à 90% et en 2011, l’entreprise arrive 6ème du classement Deloitte Fast 500 Asia Pacific [1].

Comment fonctionne PowerShop ?

En tant que commercialisateur, Powershop agit comme une centrale d’achat qui achète sur le marché de l’électricité néozélandais l’énergie des producteurs nationaux. Cependant, l’entreprise se distingue en achetant l’énergie à différents producteurs en fonction du prix actuel et des variations futures du marché selon les régions, pour proposer l’énergie la moins chère à ses clients. De plus, la structure des prix de vente de PowerShop est calquée sur celle de leurs prix d’achat. Plutôt que d’offrir un prix « lissé » par période creuse et période pleine, PowerShop propose des tarifs fluctuant selon la région, les horaires d’utilisation, la quantité d’électricité utilisée et les taxes exigées par les compagnies des réseaux de transport d’énergie, offrant ainsi à ses clients une visibilité sur l’évolution des prix de l’énergie en temps réel.

La France n’est pas à l’abri

L’apparition d’un PowerShop à la française n’est pas un scénario de science-fiction. L’initiative de l’UFC/que-choisir, lancée le 21 juin 2016 pour l’électricité, va déjà dans ce sens. En effet, UFC propose de mettre en concurrence des fournisseurs d’électricité existant sur le marché français via une enchère inversée et sélectionnera l’entreprise ayant fait l’offre la moins chère tout en proposant les meilleures conditions contractuelles. Les consommateurs intéressés (qui doivent s’inscrire sur le site de la campagne « Energie moins chère ensemble » avant le 21 septembre) pourront alors souscrire à cette offre. La même initiative, lancée en 2013 sur le gaz, avait permis à des anciens clients GDF Suez de faire baisser leur facture de gaz de 13%.

Lien vers « Energie moins chère ensemble »

Sur cette base, le client peut choisir d’acheter lui-même l’énergie sur la plateforme en ligne, ou bien choisir de laisser Powershop s’en occuper (comme s’il s’agissait d’un acteur classique). Si le client choisit d’acheter de l’énergie par lui-même, il se retrouve face à une offre de PowerPacks, de prix et de volumes différents. Ceux-ci peuvent être «à utilisation rapide» (moins d’une semaine par exemple), d’autres « à utilisation future » en anticipation, d’autres encore garantissent au client qu’il consomme uniquement de l’énergie verte…

En quoi PowerShop change la donne ?

PowerShop propose aux clients de s’occuper eux-mêmes de leur achat d’énergie ou leur offre une prestation de services et non pas un prix au kilowatt/heure. De cette façon, le client prend conscience de la valeur des prestations fournies par le commercialisateur, de la complexité et du temps nécessaire pour une gestion optimisée de son approvisionnement d’électricité. Il est alors capable d’apprécier au mieux la contrepartie économique du service proposé.Ubérisation_PowerShop

Le tout en cassant les codes « classiques » de la communication pour une entreprise publique d’énergie. En effet, PowerShop met en œuvre une communication décomplexée, originale et « fun », propre aux entreprises de la nouvelle économie, tout en respectant les fondamentaux actuels de l’expérience utilisateur réussie (site web one pager à la fois sobre et complet, scroll vertical, aplats colorés, …).

Source : PowerShop Australie : http://www.powershop.com.au/ 

Parmi les outils mis à disposition, on trouve PowerOrganisateur, qui estime la date à laquelle le client aura épuisé ses différents packs d’énergie grâce au tracking en temps réel de sa consommation, lui conseillant des dates d’achat de nouveaux packs. Autre outil, une application mobile (dont une simulation est disponible sans être client) permettant de suivre sa consommation quotidienne actuelle ou passée via des graphiques, d’obtenir un état de l’avancement de la consommation des PowerPacks ainsi qu’une prévision du prix futur de l’énergie selon l’évolution du marché national.

Concernant le service client, PowerShop met en avant la satisfaction et la transparence : les 60 premiers jours servent de période d’essai pour l’entreprise, qui s’engage à vous reconnecter avec votre ancien fournisseur si vous changez d’avis.Quant à la transparence, Powershop expose clairement dans le FAQ son système de tarification en fonction des charges qui lui sont imposées. On trouve également, sur le site, le prix moyen payé par les clients, par région.

Ubérisation_PowerShop_Team

Enfin, l’entreprise propose un suivi personnalisé aux clients B2B. Les prénoms et photos des différents chargés de comptes B2B sont affichés sur le site web et chaque entreprise cliente se voit attribuer un unique interlocuteur. Powershop va au-delà du service personnalisé : bien qu’étant un pure player, il instaure une relation personnifiée au cœur du digital.

Source : PowerShop NZ : http://www.powershop.co.nz/business/ 

Powershop va donc au-delà de la commercialisation d’une commodité banalisée, en offrant la « servicisation » de celle-ci. Ce n’est plus de l’électricité qui est vendue mais une solution de gestion simple et ergonomique. Fini le rapport « facture – réclamation » entre le fournisseur et le client. Comme le mentionne le site de l’entreprise, « We’re an electricity company. But one where you make the rules ». Dans une période où tout le monde prétend vouloir mettre le client au centre, Powershop sait le mettre en œuvre avec succès.

[1] Source Deloitte : 2011 Winner and Results – Technology Fast 500 Asia Pacific


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