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COP21 : un consensus sera-t-il trouvé ?

COP21

« La difficulté est quand même de savoir comment transformer l’économie actuelle en une économie à bas carbone » François Gemenne, chercheur et maître de conférences à Sciences Po Paris.

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueillera 195 parties signataires de la Convention Cadre des Nations Unis sur les Changements Climatiques à l’occasion de la COP21 à Paris Le Bourget. L’objectif de ce rendez-vous est d’avancer sur la construction de l’accord climat qui remplacerait, à termes le protocole de Kyoto (Accord international visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre entré en vigueur le 16 février 2005). Un protocole très controversé notamment par les Etats Unis qui ne l’ont jamais ratifié, souhaitant s’orienter davantage vers le développement de nouvelles technologies et énergies non polluantes plutôt que de se plier à des politiques de réduction de GES.

Cette année, à la COP21, il s’agit de parvenir à des engagements des pays pour contenir la hausse des températures à 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle.

Un consensus sera-t-il trouvé entre tous les pays participants ? Il existe dans le monde de grandes disparités entre des pays très émetteurs de CO2 qui subissent peu l’impact du réchauffement climatique et d’autres qui en déplorent déjà les conséquences et dont la croissance économique peut être freinée.

Lors de cette conférence, il faudra suivre attentivement la Chine qui semble prête à faire un pas en avant vers un accord universel….

Un fonds d’aide pour les pays « émergents »

Il ne semble pas simple pour ces pays dits « émergents » de mettre en place les mêmes réformes restrictives (de CO2 par exemple), n’ayant pas les moyens de s’offrir les services alternatifs comme les centrales éoliennes, hydroélectriques ou solaires. Cependant, ces pays, à leur échelle et en fonction de leurs moyens, participent activement à la préservation de la planète.

Par exemple, en Inde, le gouvernement de Narendra Modi confirme l’engagement du pays pour la cause climatique en s’appuyant sur les initiatives volontaires en matière d’énergies éolienne et solaire et en engageant les populations à être respectueux de l’environnement.

La mobilisation de fonds pour aider les pays en développement victimes du réchauffement climatique est donc un des grands enjeux de la COP 21 puisque 400 milliards de dollars par année seraient nécessaires aux investissements à long terme de ces pays. Le fonds Vert (lancé en 2011 lors de la COP 17 pour mettre en place des projets afin de combattre les effets des changements climatiques) a rassemblé plus de 10 Milliards de dollars, mais peine à remplir ses objectifs théoriques de 100 milliards de dollars en 2020.

La « fuite carbone »

Le CO2 reste une externalité peu prise en compte dans le coût de production, laissant place au phénomène de « fuite de carbone ». Cependant, le problème global reste inchangé : l’émission des GES (Gaz à Effet de Serre) est la même sauf qu’elle est réalisée ailleurs. D’une part, les industries les plus émettrices se délocalisent et de l’autre, les pays à forte émission ont un plus grand pouvoir de négociation pour le futur climatique. La tarification du carbone sera sans aucun doute un thème clé de la COP21. Fixer des règles de mesure d’émissions et outiller la vérification de chaque pays seraient déjà encourageant.

Les avancées de la Chine

La Chine souhaite une répartition des émissions en fonction de la population. De plus, 35% de sa production industrielle est exportée, d’où son insatisfaction devant une solution ne prenant en compte que les émissions globales de gaz à effet de serre.

La croissance chinoise décroit en raison d’un ralentissement de son industrie lourde et de la fermeture de multiples centrales ou usines. Ce constat serait la principale raison de la stabilité des émissions en 2014 profitant ainsi au climat. Mais ce n’est pas une solution pérenne et ne leur souhaitons pas une récession économique pour réduire leurs GES. Reste à faire adhérer à ce pacte climat la Chine, réticente à l’idée d’un contrôle international sur ses émissions.

Attention également aux Etats Unis, car un repli de leur part, pourrait entraîner une retenue de la Chine mettant ainsi en péril l’accord climatique. Effectivement, ces géants représentent à eux deux, près de la moitié des émissions de GES….

Affiche COP21


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